Carmen Samayoa est née au Guatemala où elle a grandi dans une « atmosphère familiale pleine de musique et de danse mais aussi d’histoires, drôles, satiriques ou tendres ».
Dès l’âge de neuf ans, elle décide qu’elle sera danseuse. Inscrite par sa mère à l’école nationale de danse, elle apprend le ballet classique selon les critères occidentaux.
Mais à vingt ans, elle s’inscrit à un cours d’expression corporelle qui lui permet de « découvrir l’Amérique », un chemin vers une expression artistique qui s’enracine dans l’histoire de son peuple et révèle les injustices qui l’oppriment.
C’est ainsi que va naître en 1977, la troupe du « Teatro Vivo »  avec d’autres jeunes danseurs et comédiens qui, comme elle, engagent un parcours artistique et militant à la recherche de leurs racines, pour témoigner d’une réalité sociale passée sous silence et étouffée par le Pouvoir.
Pour Carmen c’est la possibilité de faire le lien entre son cœur, son corps et son esprit, entre conscience individuelle et collective, entre développement personnel et implication sociale. 

 


 

Carmen Samayoa GuatemalaInspirées de la réalité guatémaltèque, les créations et les ateliers organisés par la compagnie Teatro Vivo dans les écoles, les bidonvilles ou les syndicats, sont très vite considérées comme subversives par le gouvernement militaire et répressif qui régit le Guatemala dans les années quatre-vingt.
Craignant pour leur liberté et pour leurs vies, ils sont contraints de s’exiler comme des milliers d’autres personnes dans ces années terribles.

En juillet 1980, Carmen et ses amis de la compagnie se réfugient au Mexique, sans savoir si ils pourront rentrer un jour chez eux.
C’est le début d’une longue itinérance qui va la conduire aux États-Unis, au Canada puis en Europe où les réseaux de solidarité avec l’Amérique Centrale se mobilisent pour accueillir les réfugiés politiques obligés de fuir leurs Pays.
Mais c’est aussi le début d’un parcours artistique qui va se nourrir des cultures, des rencontres, des solidarités et des amitiés d’un exil cruel dont la blessure ne se refermera jamais complètement.

Le Teatro Vivo est invité à jouer en Suède, puis enchaîne les tournées en Espagne, en Suisse en Allemagne, en Autriche où leur message trouve une véritable audience dans les milieux militants.
Mais c’est la France qui offrira finalement à Carmen un statut de réfugiée politique en 1983. Elle y apprend le français à l’université puis quitte Paris pour l’Ariège où un ami lui propose une maison dans un paysage qui lui rappelle un peu ceux de son enfance.

Elle va dès lors y développer de nombreux projets, des créations originales, seule ou avec d’autres, des cours de théâtre, des ateliers d’expression corporelle. Son travail fait l’éloge de la diversité et s’attache toujours à créer des liens entre les personnes, des ponts entre les cultures.

Dans ces spectacles, elle fait revivre des contes, des mythes et des musiques puisés dans les racines afro-amérindiennes de l'Amérique Latine.

 

Associée depuis 2010 avec le musicien argentin Gabriel Jordan, elle  crée la compagnie «CIMI' Mondes » tout en animant par ailleurs l'association « regards de femmes ».
Pour autant le Guatemala occupe toujours autant de place dans son cœur et son esprit. Elle y retourne chaque fois que cela lui est possible, organise avec le « collectif Guatemala » des rencontres en Ariège avec les femmes guatémaltèques qui se battent toujours là bas pour leurs droits et leur dignité et elle rêve de pouvoir aller y jouer ses dernières créations.

 

Liste des créations de la comédienne Carmen SAMAYOA


Carmen SAMAYOA est co-fondatrice de la compagnie TEATRO VIVO en 1977.
Elle a participé à la création de spectacles et aux tournées en Amérique du Sud et du Nord et en Europe soit plus de 3000 représentations.

  • 1977 comédienne dans "Pisto" création collective texte et mise en scène F. García Muñoz.
  • 1978 comédienne dans "El Mundo de los Burros" création et mise en scène collectives.
  • 1979 comédienne dans "Tzulumanachi" musique - action de Joaquin Orellana.
  • 1980 comédienne dans "Los Unos y los Otros" création et mise en scène collectives.
  • 1982 comédienne dans "La Autopsia" de Enrique Buenaventura, mise en scène Helios Hernández.
  • 1984 comédienne dans "La Frontera" création collective mise en scène Edgar Flores.
  • 1986 comédienne dans "La Femme Seule" et "Le Reveil" de Franca Rame et Darío Fo mise en scène P. Varona et F. García-Muñoz.
  • 1987 comédienne dans "Ixok" mise en scène Edgar Flores.
  • 1988 comédienne dans "Tropical Connection" mise en scène Edgar Flores.
  • 1994 comédienne dans "Ay Ay Ay Café" mise en scène Edgar Flores.
  • 1998 comédienne dans "Chocomania" mise en scène Edgar Flores.


Depuis 2000

  • 2004 "Kohlhaas", mise en scène Stefano Mengarelli / création, comédienne.
  • 2007 "L'accord'ange" mise en scène J. Ribonni / création, comédienne.
  • 2008 "La femme squelette" / création, danseuse, comédienne.
  • 2011 "l’illusion du serpent à deux têtes", par "les enlaceurs de mondes", musicien Gabriel Jordan / création, danseuse, comédienne.
  • 2012 "Pourquoi le lapin a-t-il de grandes oreilles ?" par "les enlaceurs de mondes", musicien Gabriel Jordan / création, danseuse, comédienne

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